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Les "docteurs junior" arrivent dans les déserts médicaux pour compléter leur formation et renforcer les cabinets
information fournie par AFP 02/11/2026 à 18:32

Les "docteurs junior" arrivent dans les déserts médicaux pour compléter leur formation et renforcer les cabinets ( AFP / Charly TRIBALLEAU )

Les "docteurs junior" arrivent dans les déserts médicaux pour compléter leur formation et renforcer les cabinets ( AFP / Charly TRIBALLEAU )

Des bras pour les déserts médicaux : 2.700 "docteurs junior", généralistes en fin de formation, sont arrivés lundi dans les cabinets pour un an de stage "professionnalisant" censé les encourager à s'installer, un "coup de pouce" attendu mais insuffisant, vu l'ampleur de la pénurie.

Ils ont déjà soutenu leur thèse, mais doivent, à la suite d'une réforme adoptée en 2022, poursuivre leur formation un an de plus. Celle-ci passe à dix ans au total, contre neuf précédemment, s'alignant sur les médecins spécialistes.

Ces généralistes "junior" peuvent assurer les consultations, soins et suivi des maladies chroniques, mais restent sous la responsabilité d'un maître de stage, généralement en cabinet libéral, maison de santé pluriprofessionnelle ou centre de santé.

Le gouvernement espère que leur déploiement va faciliter l'accès aux soins et, à terme, les installations en libéral, en particulier dans les zones où les besoins sont criants.

Pour cela, 80% d'entre eux ont été affectés dans des zones en grande difficulté d'accès aux soins, selon le ministère de la Santé : les zones d'intervention "prioritaires" (Zip), "complémentaires" (Zap) et quartiers classés politique de la ville (QPV). Leur répartition dépend aussi du nombre d'encadrants ayant pu être formés.

On compte par exemple 400 docteurs junior en Ile-de-France, 241 en Occitanie, ou 102 en Centre-Val-de-Loire, au cœur de la "diagonale du vide" médical.

Pour certains médecins débordés, c'est une bouffée d'oxygène.

"C'est un grand espoir" : "celui de trouver, peut-être, un successeur au moment du départ à la retraite", témoigne auprès de l'AFP Sylvaine Le Liboux, 63 ans et dernière généraliste libérale de Valençay (Indre), qui en comptait "cinq il y a 20 ans". Elle suit 2.000 patients contre 1.100 en moyenne par généraliste en France, et accueille deux docteurs juniors.

"Je veux leur montrer que la médecine générale en campagne, ce n'est plus comme il y a 30 ans : si on travaille avec des assistants médicaux, en coordination avec des infirmières, kinés, pharmaciens", et d'autres médecins du département, "il est possible" de préserver son équilibre vie privée/vie professionnelle, assure-t-elle.

"Mal ficelée"

La réforme est toutefois "mal ficelée", juge-t-elle : ces jeunes médecins "sont salariés (des hôpitaux universitaires), ce qui ne leur donne pas les réflexes du libéral. Les rémunérer comme des remplaçants, avec une rétrocession d'honoraires, aurait été plus formateur".

"Cette dixième année, professionnalisante, devait nous former aux aspects peu abordés en cours : gestion d’entreprise, comptabilité, management..." mais "le gouvernement a un peu bâclé" la mise en œuvre, et "on se demande si ça va servir à quelque chose", abonde Eleonore Indienna, porte-parole du syndicat des internes en médecine générale, l'Isnar-Img.

Le niveau d’autonomie, de responsabilités, "ont été abordés très tardivement", et seront inégaux selon les stages, selon elle.

Dans les déserts médicaux, le syndicat juge possible "un petit impact" avec la découverte d'"un territoire, un fonctionnement", mais sans garantie qu'ils resteront. "Ça ne révolutionnera pas l'accès aux soins", selon l'organisation.

Environ 100.000 généralistes exercent en France, selon les statistiques officielles. Quelque 6,7 millions de Français n'ont pas de médecin traitant, soit 11 % de la population, et jusqu'à un quart dans certaines zones.

Selon le collège national des généralistes enseignants, 2.682 docteurs junior viennent d'entamer leur stage, et 600 les rejoindront en mai, une partie n'ayant pas pu passer leur thèse à temps.

"Le +plus+ apporté par cette réforme, j'ai du mal à le saisir", confie Pierre-Alexandre Lecomte, docteur junior dans une maison de santé pluriprofessionnelle d'Angoulême, où il a déjà effectué "deux stages". Il découvrira toutefois l'exercice en prison, un jour par semaine.

Les informations sur la réforme "étant arrivées tardivement, on s'est souvent rapprochés des gens qu'on connaissait déjà" mais "j'aurais préféré pouvoir m'installer directement, au même endroit", en étant mieux rémunéré, souligne-t-il.

Docteur junior à Derval (Loire-Atlantique), Rémy Saunier est "amer" : "tous les jours je traverse des villes où il y a des panneaux +recherche médecins+. J'étais prêt à m'installer en zone prioritaire, prendre de nouveaux patients. Finalement, je verrai des patients qui ont déjà un médecin. Je ne vois pas l'intérêt".

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